PRĀṆA ET PRĀṆĀYĀMA – le souffle, force de vie.
Yoga Expérience · Nātha-Yoga
Prāṇa est le souffle subtil qui lie l’être à ses différentes enveloppes, la force de vie qui porte l’âme dans le corps de matière. Comment l’approcher par la pratique ?

Retraite-formation · 29, 30 et 31 janvier 2027 · Donazac
Prāṇa se divise dans le chakra du cœur en cinq principaux vents qui circulent et régulent différentes fonctions biologiques et psychiques dans le corps :
prāṇaapānasamānaudānavyāna
Prāṇāyāma, étymologie sanskrite
Le terme est composé de deux racines sanskrites :
Prāṇa
Prāṇa fait référence au souffle, à la respiration, mais plus précisément à l’énergie vitale qui anime et soutient toute forme de vie. Dans la physiologie subtile, c’est la force qui sous-tend chaque mouvement, chaque pensée, chaque battement de cœur. La qualité du prāṇa influence le corps, le mental et l’équilibre émotionnel. Lorsque le prāṇa circule librement, il augmente la vitalité, la clarté mentale et améliore notre équilibre intérieur.
Āyāma (आयाम) ou yama
Selon la lecture grammaticale, ce terme possède deux déclinaisons complémentaires :
- Āyāma (mesurer, étirer, allonger, réguler) : il s’agit d’étirer et d’amplifier le souffle, d’allonger la durée des cycles respiratoires pour pacifier l’esprit.
- Yama (contrôle, maîtrise, suspension) : il s’agit de retenir ou de dompter cette énergie (comme dans la suspension du souffle, le kumbhaka).
Traduction globale : le prāṇāyāma désigne la maîtrise, l’extension et la régulation de l’énergie vitale par le biais du contrôle de la respiration.
Prāṇāyāma, la pratique

Prāṇāyāma est un art millénaire de maîtrise de l’énergie vitale, il occupe une place centrale et souveraine dans la tradition du yoga. Il est le cœur de l’édifice, de la pratique, de la philosophie, de la métaphysique du yoga de l’énergie. Bien plus qu’un simple exercice de respiration, c’est une discipline qui concerne le souffle, l’énergie, le mental, la posture, les gestes, les sons, les mantras, les lumières, les concentrations, la méditation.
Dans un premier temps il faut tout d’abord apprendre à respirer correctement, c’est-à-dire installer une respiration abdominale pour stimuler Udhyana dhara, l’espace situé entre le nombril et le pubis, là où le souffle naît, où s’élève l’énergie. Puis progressivement installer des espaces de rétention. Dans sa finalité, prāṇāyāma devient l’art du non-souffle, respirer sans air dans l’énergie pure.
Prāṇāyāma est un art de liberté, d’indépendance de l’individu par rapport au monde et à l’espèce. Une façon de s’harmoniser avec le dedans, le dehors, l’univers.
Les différents prāṇāyāma
Il existe différentes sortes de prāṇāyāma qui s’articulent toutes sur le rythme de la respiration. Égal, non-égal, lent ou rapide, avec ou sans rétention, abdominal, thoracique, la panoplie des souffles est vaste, mais tous agissent en profondeur sur le corps, le mouvement de l’énergie, la stabilité mentale et émotionnelle.
La règle, quand on commence prāṇāyāma, c’est de ne jamais forcer les rythmes ou les rétentions. Patience et longueur de temps devrait être notre devise dans la pratique de prāṇāyāma.
- Samavṛtti : souffle égal, avec ou sans rétention. Dans sa version la plus simple, les pratiques de méditation de pleine conscience l’ont adopté comme la cohérence cardiaque.
- Viṣamavṛtti : avec ou sans rétention, mais c’est dans sa version avec rétention qu’il est le plus intéressant car il permet de prendre contrôle des mouvements respiratoires. Chacun le pratique à son rythme dans une progression naturelle, jamais forcée.
- Kapālabhāti : prāṇāyāma rapide qui utilise la qualité lumineuse de l’énergie du feu pour ouvrir l’espace mental. Kapālabhāti est un kriyā, un des processus de nettoyage décrits dans les textes traditionnels du yoga.
- Bhastrikā abdominal : souffle dynamique de puissance et de force qui stimule l’énergie du feu. C’est le prāṇāyāma du soufflet de la forge.
- Ujjāyī : la porte d’entrée du yoga de l’énergie, c’est le souffle qui transforme la respiration pneumatique en pure énergie, un incontournable.
- Nāḍī-śodhana, la respiration alternée, rééquilibre les polarités gauche-droite, lune-soleil dans le but de diminuer les dualités du monde et se recentrer sur l’essence de notre être.

Nāḍī-śodhana, la respiration alternée
Dans la tradition philosophique des Yoga Sūtra de Patañjali (chapitre II, verset 49), le prāṇāyāma est défini de manière très précise quant à sa mécanique :
tasmin sati śvāsapraśvāsayor gativicchedaḥ prāṇāyāmaḥ
« Une fois que cette posture, l’āsana, est fermement établie, le prāṇāyāma est la suspension du mouvement de l’inspiration et de l’expiration. »
Les effets et bienfaits du prāṇāyāma
Sans aucun doute, les effets les plus spectaculaires du prāṇāyāma se font ressentir sur la sphère mentale. Il agit comme un puissant remède à l’agitation mentale en rééquilibrant le flux du souffle qui harmonise le mouvement de l’énergie. Lorsque l’énergie est équilibrée, le mental s’apaise.
Un des enseignements les plus célèbres et fondateurs sur le prāṇāyāma se trouve dans la Haṭha Yoga Pradīpikā (chapitre II, verset 2), un texte classique du yoga écrit par Svātmārāma au XVe siècle :
cale vāte calaṃ cittaṃ niścale niścalaṃ bhavet
yogī sthāṇutvam āpnoti tato vāyuṃ nirodhayet
« Lorsque le souffle est agité, le mental l’est également ; lorsque le souffle est immobile, le mental le devient aussi. Le yogi atteint alors la stabilité, l’immobilité semblable à un tronc d’arbre, c’est pourquoi il faut réguler, maîtriser le souffle. »
Retraite-formation · Nātha-Yoga et Āyurveda
Prāṇa, force de vie
Ces pratiques seront approfondies lors de la retraite-formation « Prāṇa, force de vie », trois jours consacrés au souffle et à l’énergie, à Donazac.
- Dates : 29, 30 et 31 janvier 2027
- Horaires : du vendredi 17h30 au dimanche 17h30
- Au programme : kriyā, mudrā et bandha, les grands prāṇāyāma, les points marma des mains et des bras, les bases de la méditation tantrique, une randonnée autour de la propriété et la formation au massage ayurvédique Kizhi aux pochons chauds, certifiée Rani Ayurvéda.

